>Rendez-vous avec Rama

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Et, sur la Terre lointaine, le Dr Carlisle Perera n’avait encore dit à personne qu’à son réveil d’un sommeil sans repos, le message de son inconscient résonnait toujours dans son crâne :
Les Raméens font tout par trois.

Voilà maintenant un bon bout de temps que je n’avais plus lu un quelconque roman. Que voulez-vous ? Du boulot pour la Fac à foison, des tas de jeux vidéo à finir, et une Nintendo DS à coté du lit ont suffit à m’éloigner de mes lectures livresques.
Avant d’arrêter j’ai surtout lu de la Fantasy, mais là, j’avais envie de revenir à mes premières amours (et à quelque chose de plus cérébral, hé hé) : de la Science Fiction. Ca tombe bien, j’avais acheté il y a peut-être quelques mois un certain roman dont j’avais beaucoup entendu parler mais jamais lu (et oui, ce n’est pas parce que je ne les lis pas que je ne les achète pas pour autant, les bouquins !) : Rendez-vous avec Rama, d’Arthur C. Clarke.

L’Auteur
Sir Arthur Charles Clarke donc, est un auteur britannique né en 1917 à Minehead (une petite ville du sud-ouest de l’Angleterre) et mort il y a peu, en 2008, au Sri Lanka, où il a vécu à partir de 56. Je ne m’étendrai pas sur le pourquoi, si vous aimez les potins, faites quelques recherches par vous-même.
Clarke a été et est considéré comme l’un des plus grand auteurs de SF, avec Isaac Asimov (dont vous entendrez à nouveau parler, soyez-en sûrs) et Robert Heinlein. N’ayant jamais rien lu de ce dernier, je ne jugerai pas de la pertinence de sa place dans ce joyeux trio, mais les deux premiers l’on sans doute gagnée de main de maitre, au moins dans mon cœur de jeune lecteur.
Mais revenons-en à notre cher auteur, qui n’était pas que ça. Comme beaucoup dans le monde de la SF, il a aussi été chercheur. Il a par exemple participé aux premiers essais sur le radar. Mieux, il a inventé le concept de satellite géostationnaire[1] (qui vous permettent, je le rappelle, de faire fonctionner téléphones portables et télévision par satellite, mais aussi les satellites météorologiques et tout un tas d’autres trucs), et on surnomme même « orbite de Clarke » l’orbite géostationnaire.
Au rang des anecdotes, il est aussi connu pour être celui qui a dit que « toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie »[2] , ce qui, il me semble, est une vérité fort bien énoncée.
Son œuvre
Clarke a été rendu célèbre par un de ses romans, adapté au cinéma par Stanley Kubrick : 2001, L’Odyssée de L’Espace. Il y aura trois suites (écrites, pas en film), mais je ne les ai jamais lues, donc je me passerai de commentaire, une fois de plus. Le film est à voir, mais je n’en dirai rien, mieux vaut garder la surprise.
De lui, j’avais lu, au moins en partie, Terre, planète impériale et Les enfants d’Icare, qui avaient pour eux de faire partie de la bibliothèque de mon père. Cependant, à l’époque, je ne comprenais pas grand-chose à tout ça, et je ne sais même plus ce qu’ils racontaient.
Son autre grande saga, si l’on peut dire, c’est celle de Rama, dont il est question ici.
Le livre
Il a été publié en 1973, et a reçu, dans l’année, le prix Nebula du meilleur roman, puis l’année suivante, le Prix Locus du meilleur roman, le prix British Science-Fiction, le prix John Wood Campbell Memorial et le prix Hugo du meilleur roman. C’est dire l’accueil chaleureux qu’il reçu.
Je n’en ai moi-même entendu parler que beaucoup plus tard (cela dit, j’aurai été bien en peine de le lire plus de dix ans avant ma naissance !) grâce à un jeu vidéo édité par Sierra, sobrement appelé Rama. Je n’y ai joué que très récemment (j’ai d’ailleurs été un peu déçu) mais il faisait partie de ces boites de jeu qui me faisaient rêver dans les magasins. C’est en fait une adaptation du second livre, Rama II, que je n’ai pas encore lu (mais ça viendra).

Au XXIIème siècle donc, est découvert passant près de Jupiter un objet traversant le système solaire à grande vitesse. D’abord pris pour un astéroïde, on comprend vite que c’est un cylindre parfait de 20 kilomètres de diamètre et 54 de long, et mieux encore, qu’il est creux, artificiel, et vraisemblablement pas de fabrication humaine. L’on envoie alors le seul vaisseau susceptible de croiser sa route avant qu’il ne quitte définitivement le système, l’Endeavour, dirigé par le commandant Norton.
L’équipage parviendra à pénétrer dans Rama, c’est le nom que donnent au cylindre les scientifiques, pour y trouver plus de questions que de réponses…
On est là dans un genre que j’affectionne tout particulièrement : un groupe restreint de spationautes qui découvrent et explorent un vaisseau/planète/lieu inconnu et tente d’en percer les secrets, comme dans Titan, le premier tome de la Trilogie de Gaïa de John Varley (qui s’inspire grandement de Rama en fait) ou La Planète aux Embuches (Special Delivery en VO) de Clifford D. Simak ou encore, du coté des Jeux Vidéos, The Dig, de Lucasarts.
Ici, pas de grand adversaire maléfique ni même de véritable antagoniste. La station Rama semble ne pas faire le moins du monde cas la présence des intrus en son sein. Ceux-ci, de leur coté, son des professionnels aguerris qui font leur boulot sans anicroche. Ennuyeux à première vue, c’est la découverte de cette intrigante structure cylindrique qui nous retiens pourtant (ainsi que le fait que le roman ne fasse que 250 pages et se lise en un clin d’œil, ce qui ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer). On se prend à essayer de deviner sa fonction et à suivre les hypothèses des protagonistes.
Point Final
Au final, on est là face à un bouquin qui a sans aucun doute mérité les prix qu’il a reçu. C’est de la bonne Science Fiction, pas du mélo avec un terrible envahisseur galactique maléfique et bla bla bla. Non, c’est plus vrai quelque part, plus logique, et au moins aussi incompréhensible que toutes les vraies découvertes. Et oui, je fais un spoiler comme on dit, mais à la fin, vous partez, comme l’équipage de l’Endeavour, avec l’impression d’avoir vécu quelque-chose d’extraordinaire, mais aussi d’être passé à coté du plus important, du sens. L’avantage est que nous pouvons, nous, lire la suite.
Notes

[1] Dans la revue Wireless World d’octobre 1945. Vous pouvez retrouver l’article .

[2] Dans une révision de son recueil d’essais Profiles of the Future, publiée en 1973.

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Comments
5 Responses to “>Rendez-vous avec Rama”
  1. DanKlaf dit :

    >Cooooool.C'est ce qui est vraiment intéressant chez Clarke : des histoires de technologies tellement avancées qu'elles échappent à notre entendement, qu'elles nous posent des questions sans élément de réponse. Pas d'aspérités auxquelles se raccrocher, mais seulement la vérité froide et parfaitement impénétrable d'un objet dans son plus simple appareil. Il se pointe, nous dépasse et puis disparait en ayant foutu un joli barouf.Ca me fait penser à la vidéo de Carl Sagan dans laquelle il explique le principe de 4e dimension : http://www.youtube.com/watch?v=Y9KT4M7kiSw.

  2. >Le monsieur s'est de toute façon toujours défendu d'écrire en SF des inventions d'après des concepts ou des tendances de la recherche de son temps. Ce qui permet à ses ouvrage de ne pas se retrouver dépassé par la réalité en quelques décennies.Sinon, le Carl Sagan là, je ne le connaissait pas, mais il a l'air tout bonnement génial ! Ça manque une émission comme celle-là de nos jours (on a bien Fred et Jammy, mais c'est pas encore ça :P).

  3. DanKlaf dit :

    >Il est très populaire aux EU, un peu moins en Europe. C'est notamment le type qui a conçu la plaque de Pioneer, que tout le monde connait.

  4. >C'est un peu leur Hubert Reeves en fait =).Autrement j'ai vu que c'était un éminent sceptique, comme Arthur C. Clarke d'ailleurs. Un type très recommandable en fait.Je pense que je vais refaire son explication de la quatrième dimension à ma chère et tendre dès ce soir ;).

  5. DanKlaf dit :

    >C'est parfait quand tu veux briller en société !

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